République Tunisienne | Ministère de l’industrie, de l’énergie et des mines

Date de la dernière MAJ: 28 Septembre 2015

Témoignages

Avec Samir El Ammari, Prix du Président de la République 2010 pour le meilleur Projet financé par la BTS « L’innovation est payante, la créativité, l’esprit d’entreprendre aussi »

Samir El Ammari Après Imen Aouina, accompagnée et hébergée à la pépinière de Radès qui a conçu et fabriqué le premier « amorceur made in Tunisie » pour l’éclairage public, Belachab Chahbani qui a inventé le diffuseur souterrain pour l’irrigation en région aride, accompagné plusieurs années durant par la pépinière de Jerba et qui construit actuellement son usine à Medenine, Samir El Ammari de la pépinière de Mahdia est le troisième promoteur du Réseau National des Pépinières d’entreprises à voir son parcours de créateur récompensé par M. Le Président de la République, pour le meilleur projet financé par la BTS.

« Pour moi la surprise était de taille souligne d’emblée, Samir, au dernier moment j’étais tenté de déposer ma candidature, mais à aucun moment l’idée n’avait effleurée mon esprit d’être parmi les meilleurs et de recevoir des mains de la plus haute autorité de l’Etat la consécration de mon modeste parcours. Comme mes camarades de la pépinière de Radès et Jerba, que j’ai souvent rencontrés dans les manifestations organisées par l’API et les pépinières d’entreprises, j’étais profondément ému et touché à l’idée que l’innovation était payante, et que la créativité, l’esprit d’entreprendre était soutenu dans notre pays et dans ma région Mahdia que je ne quitterai pour rien au monde. Mon parcours est celui d’un jeune créateur qui a parfait son expérience professionnelle avant de se lancer dans son propre projet, et l’idée de mon projet est venue d’elle-même au cours de cet apprentissage. Diplômé de l’ISET Mahdia en 2001 en maintenance industrielle, j’ai exercé deux années durant au titre de technicien supérieur en maintenance industrielle dans une société d’étude et installation des stations de pompages à Tunis. A 24 ans je me retrouvais Directeur Technico-commercial d’une société de distribution des outils de coupe diamantés et à 29 ans je fondais ma propre entreprise « SGM », la Société de Maintenance Industrielle, pour l’étude et la fabrication des machines conçues spécialement pour le travail du marbre et tout type de pierres. Trois années plus tard je créais un deuxième projet pour la fabrication d’outils consommables destinés aux professionnels de la marbrerie. Ce qui m’a surtout motivé, c’est la volonté de vouloir créer et réussir ma propre entreprise, la valorisation du potentiel acquis en matière de maintenance industrielle et surtout le cadre juridique encourageant à la création d’entreprises et le soutien indéfectible de ma pépinière d’attache, Mahdia.

« L’innovation était toujours mon objectif »

Je pouvais sans aucune crainte m’atteler à la fabrication de petites débiteuses et polissoirs pour marbreries, à la régénération des disques et lames, à la maintenance des machines pour marbre sans craindre la concurrence par trop faible qui a été étudiée : trois sociétés de représentation de marques étrangères et 5 commerçants qui font la distribution de la petite quincaillerie ambulante. Les machines pour le travail du marbre étaient jusqu’ici totalement importées. Le plus, c’est que nous concevons des machines pour nos clients, non existantes sur le marché, selon un cahier de charge établi entre les deux parties. Nos prix sont à 60% moins chers que la concurrence étrangère, et nous assurons un service après vente, dont les délais d’intervention ne dépassent en aucun cas les quelques heures. La première étape était le choix des machines à fabriquer, la conception et l’élaboration des plans. La deuxième étape était d’aller à la pépinière de Mahdia pour poursuivre la formation et l’initiation à la création d’entreprise. Ensuite le dépôt de dossier chez l’API et la constitution juridique de la société. Le premier soutien que j’ai eu était de ma famille, ma femme et surtout mon père, que ce soit sur le plan moral ou financier. C’était difficile au démarrage surtout sans matériel et l’absence de fond de roulement d’où le recours à la sous-traitance. La BTS m’a ouvert la première porte avec un premier crédit de 12.000DT pour acquérir le premier matériel avec lequel j’ai fabriqué mes premières machines faites à 100% dans nos ateliers et un deuxième crédit de 28.000 D pour le démarrage de ma seconde unité. Après 10 ans de travail dans le secteur de l’industrie de marbre et l’industrie mécanique, j’avais acquis l’équivalent d’une goutte dans un océan, mais avec cela j’ai vécu une belle expérience durant ces années d’efforts, de labeur, de recherches pour créer toutes ces machines que j’ai personnellement montées. Toute ma vie durant, j’étais optimiste, et même dans mon métier je ne peux aller de l’avant sans l’être. La courbe d’évaluation de mon projet était durant ces 3 ans et quelque mois exponentielle, et j’essayerai de la maintenir à un niveau haut de manière à assurer la survie et le développement de ma société. A ce niveau, le développement et l’innovation était toujours mon objectif. La première chose, pour gagner la course, il faut toujours aller de l’avant, et pour le faire, ont doit travailler durement et rénover quotidiennement. Oui, je pense toujours à développer le projet par l’acquisition de nouveaux équipements, la variation de la gamme de produits et la recherche de partenaires étrangers. Le prix du Président de la République représente pour moi un honneur et la plus belle récompense que j’ai eue durant mes 31 ans. En contrepartie la responsabilité est devenue plus grande et la barre est très élevée, il faut être à la hauteur et ne jamais reculer ».